L’IPv6 pourrait enfin connaitre son heure de gloire dès l’année prochaine. Ce protocole réseau, essentiel pour le futur d’Internet, voit sa mise en service reportée du fait de très nombreuses contraintes techniques. Mais puisque les équipementiers et les fournisseurs d’accès n’ont plus le choix, sa propagation s’accélère.Pourquoi l’IPv6 est-il si essentiel ? Parce qu’il permet un nombre d’adresses IP virtuellement illimité. Dans la pratique il n’en est bien entendu rien, mais le codage
d’une adresse sur 128 bits fait clairement disparaître les limites immédiates. À titre de comparaison, le codage actuel des adresses IPv4 sur 32 bits donne environ 4,3 milliards d’adresses possibles, tandis que l’iPv6 peut attribuer en théorie plus de 667 777 adresses uniques par millimètre carré de surface terrestre.
Au mois de juin dernier, plusieurs géants de l’internet, dont Google, Facebook et Bing, ont participé au World IPv6 Day. L’objectif était d’activer l’IPv6 pendant 24 heures sur de nombreux services pour en inspecter le comportement à large échelle. Les résultats étaient encourageants, mais des problèmes avaient également été soulevés, notamment au niveau des serveurs DNS.
Le rôle prépondérant des fournisseurs d'accèsAujourd’hui, on sait mieux que jamais que les soucis de la mise en place du protocole peuvent être divisés en trois catégories :
Les sociétés émettrices de contenu
Les infrastructures intermédiaires
Les utilisateurs finauxLe site MacWorld fait un bilan de l’année 2011 et il en transparait finalement de l’espoir dans ces trois catégories. Cela est particulièrement vrai pour les sociétés émettrices. John Curran, PDG de l’ARIN (American Registry for Internet Numbers), y donne son avis et y dépeint notamment deux tendances fortes. Premièrement, l’Amérique du Nord sera touchée par la pénurie d’adresses IPv4 d’ici 6 à 18 mois. Deuxièmement, les entreprises nécessitant des connexions de bout en bout avec leurs clients auront besoin de déployer des infrastructures IPv6, car la seule autre solution serait de payer leurs fournisseurs d’accès pour effectuer la traduction vers l’IPv4. Une solution qui ne peut qu’être à court terme.
Les fournisseurs d’accès eux-mêmes jouent un rôle prépondérant. D’ailleurs, Curran indique que la fourchette donnée (6 à 18 mois) ne peut être plus précise : la date de la pénurie dépendra essentiellement de la manière dont les fournisseurs vont utiliser les derniers blocs d’adresses IPv4 qu’il leur reste.
États-Unis, une situation en progrèsPendant que les fournisseurs travaillent à leur infrastructure, les sites se mettent graduellement au diapason. Aux États-Unis,une étude réalisée en novembre a montré qu’un quart des sous-domaines .com, .org et .net étaient déjà compatibles IPv6. Un chiffre à comparer au à peine plus de 1 % de l’année précédente. MacWorld rappelle à ce sujet qu’un amendement américain a pu jouer un rôle : l’obligation pour les 10 000 sites fédéraux d’être compatibles IPv6 d’ici à septembre 2012. La même étude de novembre avait par ailleurs montré que la France était première mondiale dans le déploiement de l’IPv6, avec 57 % des sous-domaines compatibles, contre 42 % pour les États-Unis (2e) et 36 % pour la République Tchèque (3e).
Mais la France est justement un cas particulier puisque les usagers ont pour la plupart des box mises à jour de manière régulière. En ce qui concerne l’Amérique du Nord, la situation est moins rose. Pourtant, on sait que le fournisseur Comcast proposera dès 2012 des abonnements compatibles IPv6 selon le principe de la double pile, l’une pour le « nouveau » protocole, l’autre pour l’IPv4.
La migration sera longue dans tous les cas et elle se passera plus ou moins bien en fonction des sociétés et des utilisateurs. On peut imaginer qu’à un moment donné, il se produira le même genre de situation qu’au passage à la TNT obligatoire en France : l’incompatibilité des équipements finira par mener à des remplacements et à des arrêts de fonctionnement.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire